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Espace de désinvolture où le rêve se doit de guider vos pas dans les sentes de la pensée vagabonde

Dans les entrailles du Saint-Graal

29 Avril 2014 , Rédigé par Scribouillard Publié dans #Catharisme

Dans les entrailles du Saint-Graal

A cette époque pas si lointaine, il n'y avait aucun engouement pour l'histoire de l'Occitanie et les visites des citadelles du vertige étaient encore gratuites, nombre de fortifications à l'abandon, seulement entretenues ou restaurées par quelques rares sympathisants du félibrige.

On pouvait encore croiser les chemins étoilés de quelques troubadours d'antan ( petite pensée à Feu André Maynard, trouvère de Montferrier ) et de quelques bons hommes, membres purs et mystérieux de subreptices sociétés occultes.

Après quelques pérégrinations castrales, nous sommes arrivés sur la petite commune d'Auzat et sous son château de Montréal-de-Sos, dans une petite grotte sépulcrale où sur l'une des parois se trouve peinte une fresque controversée puisqu'il s'agirait ni plus ni moins d'une représentation symbolique du Graal.

L'accès à cette cavité est aisé, point de lapin frénétique ( comme dans le Monty Python de référence ) mais seulement un vieux portail rouillé cadenassé n'empêchant en rien l'intrusion … ou les ravages du temps et de l'homme.

Ici, tous les ingrédients rêvés sont rassemblés: une coupe vue de haut, une lance ( celle de Longin, forcément ), des croix grecques ou décussées, 6 gouttes de sang et une sorte d'astre rayonnant. Il reste à savoir s'il s'agit là d'un témoignage authentique ou d'une mystification, comme celle souvent avancée d'un berger local prolifique et imaginatif.

Crypte anagogique ou supercherie, chacun en ira de son avis forcément étayé par ses croyances ou ses convictions. En tous les cas, sortie de l'ombre par l'abbé Pouech et rendue publique par des narrateurs singuliers, Garrigou, Antonin Gadal et Otto Rahn entre autres, cette fresque existe bel et bien et même les derniers ravages, visibles sur l'un des clichés plus bas, ne peuvent empêcher le phantasme, sémantique cette fois, où l'on dénotera le rapprochement « fortuit » entre ce graffiti insane et le lapis-lazuli tombé du front de Lucifer, le porteur de lumière.

En ce temps, cette fresque était en piteux état mais j'ai appris qu'elle avait été restaurée récemment, avec visiblement quelques libertés de leurs acteurs.

A proximité, il existe une anfractuosité murée où, je crois, quelques squelettes humains ont été découverts.

Heureusement, notre France regorge de coins de la sorte où son histoire, enjolivée ou pas, nous rappelle un temps qui résonne oniriquement dans la partie ombrée de notre cerveau. S'il est vrai que l'histoire de notre pays semble de nos jours sciemment étouffée sous le joug inhospitalier d'un multiculturalisme phobique et discrétionnaire, celle des régions semblent heureusement couver ses précieuses scories toujours incandescentes sous la cendre vive d'une mémoire psychogéographique où les reliefs du terroir se confondent parfois avec les circonvolutions de l'esprit de ses habitants.

N'oublions donc pas pas que, ivres d'amour, beaucoup sont morts de joie dans les transes d'une lumière qui crépite encore et crépitera toujours même lorsque les soldats de la nuit tenteront peut-être à nouveau de semer le doute dans le cœur de l'homme regardant ses enfants rire et grandir à l'abri du clocher de sa foi.

Als catars, als martirs del pur amor crestian.

Dans les entrailles du Saint-Graal
Dans les entrailles du Saint-Graal
Dans les entrailles du Saint-Graal

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