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Espace de désinvolture où le rêve se doit de guider vos pas dans les sentes de la pensée vagabonde

FUGAIN dixit : Fais comme l'oiseau ...

17 Mai 2014 , Rédigé par Scribouillard Publié dans #Aventure

FUGAIN dixit : Fais comme l'oiseau ...

Rébollo respondit : Chiche.

Allez. Encore un dernier petit livre de Gérald Delorme et c'est sûr, maintenant, j'en sais assez pour pouvoir voler en toute autonomie, libre comme l'air, loin de la rigueur des structures corporatistes et des fédérations mercenaires plus intéressées par le portefeuille de leurs adhérents que par leurs aspirations libertaires.

Après la théorie et avant la pratique … Il y a maintenant l'acquisition obligatoire du matériel. Une aile, une sellette ( confortable au possible ), un casque ( quoique, tout bien réfléchi, c'est assez coûteux, beaucoup plus que quelques points de suture pris d'ailleurs en charge par la sécurité sociale ), un alti-variomètre ( Flytec 3005 ) et je serai enfin prêt pour la transe azuréenne, rapace géant parmi l'infinité des volatiles serviles et minuscules.

Après avoir repéré une annonce alléchante du côté de Corbeils - Essonnes (91) proposant une EDEL – APOLLO 27 ( avec un gros aigle sur l'intrados bien visible et des couleurs très vives pour se la jouer un maximum dans les airs – Avec ONLY THE BEST pour slogan ), je fonce dans un train et je tombe sur un ancien, digne descendant d'Icare, ayant manifestement plus d'années d'expérience que je n'ai jamais eu de dents de lait même au plus fort de ma consommation de biberons. Je singe le parapentiste chevronné, inspecte la voile sous toutes ses coutures tout en la découvrant dans le même temps. Ça paraît facile mais ce n'est pas le cas. Surtout que l'ancien me transperce de son regard circonspect tout en me posant des questions incompréhensibles auxquelles je réponds par des borborygmes, d'une voix rentrée, volontairement inaudible. Mieux vaut passer pour un rustre que pour un puceau. Après avoir dévisagé les suspentes, les bords d'attaque et de fuite, l'accélérateur et le trim sans trop rien y comprendre, l'achat est conclu par une poignée de mains viriles entre parapentistes … confirmés. J'évites surtout de m'appesantir sur mes vols en espérant que l'ancien prenne cette discrétion pour de la modestie.

Inutile de décrire combien de temps ni comment j'ai pu pavaner dans le wagon du retour avec mon gros sac identifiable sur le dos, les voyageurs contemplant révérencieusement l'aventurier qui se trouvait dessous.

Le lendemain, c'est le grand jour. Pour ce faire, j'ai choisi le sommet du mail d'Arreau qui domine la vallée de Batsurguère. Fini les fanfaronnades et la bravacherie. J'étale ma voile, seul, je démêle cérémonieusement les suspentes, seul, et, après avoir jeté quelques brins d'herbe pour confirmer le sens du vent, je m'installe dans ma sellette, de plus en plus seul. Enfin presque, puisque les versets de Gérald Delorme ne cessent de de hanter mon crâne de piaf en mutation imminente. Puis, après avoir vérifié au moins cent fois ma boucle d'attache et mes crochets, je me lance. Incroyable, ça gonfle parfaitement et je m'arrache rapidement du sol. La larve a enfin accompli sa métamorphose ( extrait du film Platoon ). Place au phénix. Je monte, je monte, je monte encore et mon alti-vario tinte comme un micro-ondes un dimanche de fête. Je me surprends aussi à prier Saint-Delorme afin que sa clairvoyance m'assiste en chacun de mes mouvements qui, je l'espère déjà, me rapatrieront sans trop de dommages vers une écorce terrestre dont le contact commence à me manquer sérieusement. Je me mets à tourner afin de perdre du gain, puis, timidement, je tire les élévateurs (les « B » comme il est préconisé dans la Bible Delormesque, volume 3, antienne n°5 ou pages 27-28, je ne sais plus), je tire un peu plus fort, très fort encore et je tente alors une prémisse d'oreilles, furtive et miraculeusement efficace. « L'atterro » est alors en vue, mon approche est évidemment foireuse, vent de côté et je me pose comme un torchon sur un zinc de bistrot malfamé. Un peu contusionné mais heureux … de vivre. Je sors mon petit livret FFVL et je note fiévreusement : 04/10/1997 – Dénivelé 565 mètres – Vent régulier – Atterrissage commune d'Ossen.

Les vols plus ou moins réussis vont ensuite s'enchaîner comme les perles dans une assiette de soupe de grabataire. Les zones du Pibeste, Couraduque, Plat d'Adet, Ens, Puy-en-Velay ( les Estables ), Oylarandoy, Berbérust, la Tucque, Moustiers - Sainte-Marie, Crocce d'Olu, Barèges, entre autres, quelques clubs comme la CERPP d'Aucun ou les Paillères volantes de Luz-Saint-Sauveur ( hors mis son président-trésorier-secrétaire-général, je n'en ai connu que deux adhérents, mon beau-frère et moi-même ), une voile perfo ( un peu trop à mon goût, trop de finesse de son côté, pas assez du mien ), une projection initiatique de soeurette dans les airs ( Sandra en l'occurrence, qui a heureusement survécu à cette « cobayerie » ), ma vaillante épouse ( qui a fait l'offrande d'une entorse le temps d'une bourrasque, la seule de cette journée par-ailleurs ), quelques torches avant de raccrocher définitivement les caissons et les alvéoles en ce jour de l'an de grâce 2001, le 15 juin précisément.

Enfin ,mes plus plates excuses à tous les « rapaces » que j'ai pu croiser et auxquels involontairement j'ai pu griller quelques priorités.

FUGAIN dixit : Fais comme l'oiseau ...
FUGAIN dixit : Fais comme l'oiseau ...
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Pierre 02/06/2014 21:19

Je me souviens d'une tentative d'envole...fini par un appel au PGHM et la venue de l'hélicoptère

Scribouillard 03/06/2014 08:43

T'es sûr ??? La légende n'a-t-elle pas pris le pas sur la réalité ??? Lol