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Espace de désinvolture où le rêve se doit de guider vos pas dans les sentes de la pensée vagabonde

PALINGENESIE

7 Mai 2014 , Rédigé par Scribouillard Publié dans #Poésie

PALINGENESIE
A l'orée d'un bois
On rencontre parfois
A l'orée d'un bois
Des ombres d'autrefois.

Un léger murmure,

Un bruissement discret

L'ombre me rassure

M'invite à m'avancer.

Je prête l'oreille

Pour percer le silence

Mes sens en éveil

Captent une stridence.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

La tour d'un beffroi

Me glace jusqu'au sang

L'eau sur la paroi

Me dessine un carcan.

La forêt s'agite

Son rythme m'ensorcelle

Comme au cours d'un rite

Retentit la crécelle.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Alors recommence

Le concert d'Asmodée

Dans l'ultime transe

Sous le joug des années.

Résonne bien haut

Musique scripturaire

Aux tons sépulcraux

Au charme lapidaire.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Mon corps est meurtri

De maintes commotions

Ma raison ourdie

De vives impressions.

Mes sens saturés

Volent à l'horizon

Mon globe éthéré

Se perd entre les troncs.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Brusquement le temps

Retombe et se crevasse

En lambeaux sanglants

Ornant des laies fugaces.

La clairière mue

En profonde esplanade

Aux versants pentus

Couronnés d'une estrade.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Un buisson oblong

Délinée un gibet

Paré d'un blason

Sombre et fleurdelisé.

Un cloaque inique

Infecte la potence

D'odeurs miasmatiques,

De viles putrescences.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

La broussaille ébauche

Des spectres cagoulés

Avec l'air fantoche

D'une cour rassemblée

Qui curieusement

Comme en un sortilège

Vont diligemment

Prendre place au cortège.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

D'un long chrisme empreinte

Une morne chasuble

La posture sainte

Qu'un scapulaire affuble

Scande doucement

En des conciliabules

D'où sourdent des chants

Et de longues formules.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

L'oraison s'élève

Crève le firmament

Le ciel comme un glaive

Retombe prestement.

Le récitatif

Discute de mancie

Sur un ton craintif

Ainsi que d'hérésie.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Des moines désignent

D'approcher au bourreau.

Les têtes se signent

Tournées vers un poteau.

La vénerie cesse

L'incantation aussi

La foule se presse

Quand le larron surgit.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Livide et mutin

Il paraît harassé

Ses yeux sont éteints

Et son cou encordé.

Avec rebuffade,

On l'oblige à venir

Jusqu'à l'estrapade

Destinée à l'occire

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

La tourbe le guette,

Espère un repentir

Fière sa silhouette

Ressemble à un menhir.

Il crie gesticule

Vomit l'autodafé

Qui a il stipule

Condamné sa pensée.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Il hurle aux cagots

Au culte et à l’Église

A tous ses suppôts

Qu'il hait et stigmatise.

Les voyeurs tempêtent

Clament à l'hérésiarque

D'un coup ses pieds fouettent

Le haut du catafalque.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Ils claquent toujours

Les pieds du condamné

Même quand le jour

Inonde la futaie.

Ils claquent longtemps

A mes tympans brisés

Malgré que le temps

Ravage les années.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Des mânes partout

Animent la Nature

Qui garde de tout

Cicatrice et blessure.

L'univers ainsi

Est un martyrologe

Où l'ignominie

Du rachat fait l'éloge.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Depuis cette époque

Dans mon œil est gravé

L'infâme défroque

De l'animosité.

J'écume avec rage

Tel un persécuté

Les lieux de l'outrage

Où jadis je fus tué.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

Des ombres d'autrefois.

Ma pensée brûlée

Voit germer ses scories

Mon corps exhumé

Renouer ses parties.

Bigots et clergé

Je reviens tourmenter

Ainsi que cracher

Sur leurs croix argentées.

A l'orée d'un bois

On rencontre parfois

A l'orée d'un bois

SON ombre d'autrefois.

Aux deux-cents qui scrutaient le ciel en espérant un signe ...
Aux deux-cents qui scrutaient le ciel en espérant un signe ...

Aux deux-cents qui scrutaient le ciel en espérant un signe ...

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