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Espace de désinvolture où le rêve se doit de guider vos pas dans les sentes de la pensée vagabonde

Guilhem, maître-fauconnier

3 Juin 2014 , Rédigé par Scribouillard Publié dans #Aventure

Guilhem, maître-fauconnier

Après avoir visité nombre de parcs animaliers avec mes parents, j'ai voulu finaliser ma formation par l'étude des volatiles les plus dangereux qui soient sur cette planète, les rapaces, ceux-là mêmes qui n'hésitent pas à décortiquer vos viscères le sourire au bec. C'est à eux que j'ai décidé de me confronter et j'ai donc choisi le donjon des aigles à Beaucens comme théâtre de mes exploits.

C'est l'estomac serré que j'ai gravi les marches de cette fortification médiévale. Derrière son enceinte, je sais pertinemment que les vautours m'attendent et ne me feront aucun cadeau. A la moindre inadvertance, je serai probablement déchiqueté, et, le pire, sous les yeux mêmes de mes parents impuissants. Il me faut donc redoubler de vigilance et demeurer concentré. C'est avec obstination que j'ai donc refusé la collation proposée par mes parents alors que l'on s'apprêtait à pénétrer dans l'arène.

J'y suis. Avec assurance, je toise chacun des volatiles iris contre iris afin de leur faire sentir que j'ai la ferme intention de ne rien lâcher aujourd'hui, cet aujourd'hui où je me dois d'être grand et fort, suffisamment pour incliner leurs ailes où, quand et comme je le désire. Car bientôt, la chaîne qui les relie à leur poteau d'amarrage ne sera plus et ce sera donc à moi d'agir en conséquence.

Ça y est. Si la musique est douce aux oreilles des touristes, pour moi, elle est annonciatrice du combat imminent qui va se dérouler bientôt, dans la cour de ce château.

Le premier qui s'élance est un aigle royal. Dès qu'il m'aperçoit, il ploie la nuque et je ne vois plus alors que les plumes de son dos prosterné. D'autres défilent devant moi de la même manière. Mais, celui que j'attends avec impatience et que je redoute vraiment, c'est le condor des Andes, ce charognard d'une envergure considérable qui sera mon adversaire du jour. Le voilà qui prend son envol. Il plonge vers moi, je tente de ne jamais ciller des paupières mais le soleil est de plomb et la sueur coule sur mon front. Le vautour me passe au-dessus jusqu'à ce qu'il perde soudainement tout son gain pour finir sa trajectoire derrière les créneaux du mur arrière. J'ai gagné. Le voilà qui se devra de revenir piteusement vers son gîte à pattes raccourcies.

Le reste sera un jeu d'enfant. Notamment le perroquet que je n'aurai aucune difficulté à apprivoiser. Sous les regards ébaubis des touristes et de mes parents.

Dernier cliché, l'ennemi juste avant sa cuisante défaite
Dernier cliché, l'ennemi juste avant sa cuisante défaite
Dernier cliché, l'ennemi juste avant sa cuisante défaite
Dernier cliché, l'ennemi juste avant sa cuisante défaite

Dernier cliché, l'ennemi juste avant sa cuisante défaite

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