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Espace de désinvolture où le rêve se doit de guider vos pas dans les sentes de la pensée vagabonde

« Et in Arcadia ego » : le secret gardé par des bergers

3 Janvier 2015 , Rédigé par Scribouillard Publié dans #Histoire mystérieuse

« Et in Arcadia ego » : le secret gardé par des bergers

A partir de deux toiles d'un maître, cet article a pour unique prétention ludique de s'exercer à un petit décryptage intellectuel ( à ascendance ésotérique ) à la manière d'un jeu de sagacité masquant sciemment la simplicité sous un fatras de détails parasites. Et, puisqu'il s'agit là d'un décodage personnel, notons donc qu'il demeure très subjectif malgré les quelques emprunts que les connaisseurs n'auront pas manqué de relever ici ou là ...

On va évidemment éviter de s'attarder sur les nombreux documents ou objets apocryphes dont regorgent l'histoire de Rennes-le-Château et qui ne peuvent qu'égarer le questeur de Vérité ...

On optera plutôt pour une base solide, en l'occurrence pour un peintre du 17ème siècle, Nicolas Poussin, auteur de deux tableaux pastoraux bien tangibles intitulés «Et in Arcadia ego» et figurant chacun successivement trois bergers et une bergère réunis autour d'un tombeau.

D'emblée, on y remarque une anomalie troublante en ce que nos bergers semblent avoir égaré leur bétail. Cette bizarrerie disparaît vite si l'on s'en réfère à l'étymologie de l'Arcadie, région montagneuse de la Grèce tirant son nom d'un personnage mythologique, en l'occurrence Arcas, du grec ancien arktos signifiant « ours ». Ce serait donc cet animal qui, logiquement, aurait mis en fuite les bêtes du troupeau.

Animal symbolique des Pyrénées diabolisé durant le haut Moyen-Age par les pères de l’Église chrétienne, l'ours était jadis fêté le 11 novembre, date théorique de son hibernation, métaphore physiologique du passage de la vie à la mort.

L'insistance sur le chiffre 11 ( 11ème jour du 11ème mois ), par le truchement du calendrier liturgique avec la communauté des onze ( groupe initial des 12 apôtres ayant perdu Judas à l'occasion de la Passion ) et la onzième station du chemin de croix ( crucifixion de Jésus ), nous ramène une fois encore vers la mort.

Les deux tableaux comprennent d'ailleurs sur deux lignes une locution latine gravée sur le tombeau avec l'isolement volontaire du terme « EGO » ( LA MORT ) sur la partie inférieure qui représente schématiquement le lieu souterrain des Enfers.

La mort mystique du Christ en croix est d'ailleurs explicitement suggérée dans les deux tableaux, avec un crâne posé sur le tombeau dans la première version ( le célèbre Golgotha dont l'étymologie est issue du mot crâne ) et, dans la seconde version, par le biais d'une ombre projetée sur le tombeau ( le royaume des ombres, pays sinistre de la mort ).

Sans négliger que l'ombre est aussi et surtout comme un double du corps, de l'objet dont elle se peut, selon certaines dispositions, en représenter une parfaite inversion. Ainsi, et on le verra un peu plus loin, l'ombre est liée inexorablement à son contraire, la lumière … celle de la Vérité.

Cette inversion, justement, se retrouve dans la succession des personnages : 1 femme et 3 hommes dans la première version ( chiffre 13 → Les 12 apôtres auxquels se surajoute Matthias qui remplacera le traître Judas, agent double qui conduira Jésus à la mort par crucifixion ) … puis … 3 hommes et 1 femme dans la seconde version ( chiffre 31 → infirmation implicite de la mort par crucifixion, l'inverse suggérant son contraire, à savoir que Jésus ne serait donc pas mort sur la croix ) ...

Le tombeau nous ramène pourtant vers le concept de la mort, du Saint-Sépulcre, lieu d'ensevelissement du Christ après sa mise en croix.

Dans la première version, on dénotera que la sépulture accuse une certaine déclivité comme si les personnages alentour s'employaient plutôt à une exhumation, à un déplacement, ce sentiment étant renforcé par la présence d'une eau versée symbolisant le mouvement, le voyage ou une traversée que s'apprêterait à accomplir la femme relevant une partie de son vêtement afin d'éviter de mouiller son ensemble.

Notons qu'à chaque fois, la locution latine « ET IN ARCADIA EGO » se trouve gravée en lettres capitales en ce qu'elle est sensée délivrer des informations importantes. Le doigt du berger sur la lettre « D » est un détail crucial, cette lettre étant issue du graphème représentant un poisson [ du grec Ichtus ], symbole majeur du christianisme primitif et acrostiche du nom attribué à Jésus … Sans oublier que ladite lettre confirme un voyage maritime, une traversée aqueuse en ce qu'elle provient de la lettre grecque Delta.

La seconde version expose un tombeau différent, dans une posture opposée en ce qu'il y apparaît comme stabilisé et fermement ancré dans le sol. Ce sol symbolisant la terre d'élection sur laquelle il semblerait que les personnages peints aient choisi de vivre, de demeurer et de fonder. D'ailleurs, le tombeau ressemble ici plus à un cénotaphe, à savoir à un tombeau vide.

De surcroît, les personnages manifestent maintenant des visages apaisés et reposés comme si leurs efforts étaient achevés et leur mission accomplie. La femme se permet même de poser une main tendre sur le dos nu d'un homme vêtu d'un habit rouge, à l'instar de la couleur de la tunique dont on avait par dérision affublé le Christ avant sa crucifixion.

L'attitude suggestive et voluptueuse de la femme séductrice du premier tableau a ici cédé la place à celle d'une dame sobre et habillée, une épouse en somme.

Ces insinuations picturales sous-tendent une théorie sulfureuse, tabouïsée par l'Eglise officielle, celle du «Rabbi» Jésus, le divin mari ayant succombé à la tentation de la chair avec la fameuse Marie de Magdala ( Marie-Madeleine ou Marie de Béthanie ) avant de migrer, loin des persécutions, en d'autres contrées où ils auraient ainsi pu y faire discrètement souche et y assurer secrètement une royale descendance.

D'ailleurs, le sceptre crossé du premier tableau, symbole d'éminence, est remplacé dans le second par un simple bâton comme si Jésus, le roi des cieux, avait choisi de devenir un simple humain parmi les hommes de la Terre.

Mais alors pourquoi, presque trois siècles plus tard, un excentrique hollandais, citoyen américain émigré, archéologue et écrivain érudit, Louis Bertram Lawrence, se serait établi dans un petit coin perdu de l'Aude pour s'échiner à édifier et à reproduire sur un tertre du hameau des Pontils proche de la commune de SERRES ( palindrome parfait évoquant une inversion qui l'est toute autant ) un tombeau identique à celui de la seconde version de Poussin, tombeau si ressemblant que les profanations réitérées des curieux conduiront son dernier propriétaire à dynamiter la structure en 1988.

On ne pourra pas non plus se passer du fait que ce tombeau est une portion des Pontils, hameau particulier en ce qu'il est précisément situé sur l'ancien méridien-origine de Paris, cercle imaginaire entretenant un rapport étroit avec le Soleil dont la culmination évoque de l'astre son zénith, sa position la plus élevée. L'ombre et la lumière se retrouvent ici savamment mêlées ...

Mais cette notion de hauteur maximale se retrouve dissimulée ailleurs dans l’œuvre de Poussin, là où géographiquement on ne devait pas l'y attendre : dans l'épitaphe « Et in arcadia ego », expression latine correcte certes mais semblant souffrir dans ce contexte d'une formulation étrange tant et si bien que les bergers paraissent s'y appesantir comme s'ils s'employaient ensemble à la résolution d'une énigme sémantique. Mais, au lieu d'en converser entre eux, tous demeurent la bouche fermée ( symbole du secret ). L'inversion intrinsèque à cette œuvre nous dirige alors vers le verbe symbolisant la parole, ce verbe absent de ladite locution et ne pouvant être logiquement que «sum» (« je suis » ) dont l'inversion nous amène pour sa part au palindrome parfait «summus», superlatif latin signifiant « le plus haut, le plus élevé » ...

Dans cet énoncé, notons aussi que le doigt du berger agenouillé désigne la lettre R ( phonétique AIR ) alors que celui d'un second pâtre n'indique rien si ce n'est le secteur Nord-Ouest ( NO ) de cette même lettre. Le procédé de l'inversion inhérent à ce tableau nous mène alors vers la direction et l'élément opposés soient « SE » et O ( phonétique de l'EAU ) d'où l'anagramme facile EOS = déesse grecque de l'AURORE nous encourageant encore à suivre le chemin de la LUMIÈRE éclairant par le ciel deux paysages montagneux, l'un dextre et l'autre central, ce dernier focalisant la clarté optimale.

Le paysage de droite nous livre un indice crucial mais déconcertant en ce qu'il ne peut être fortuit malgré les interrogations qu'il se peut et doit de susciter. En effet, ce panorama représente en tous points l'environnement géographique du hameau des Pontils avec, en arrière-plan, le pech de Cardou, la crête sous les ruines du château de Blanchefort et, au plus loin, le relief de Rennes-le-Château.

On se pourra de gloser et de vaticiner, la ressemblance est d'autant plus étrange que le peintre Poussin ne s'est jamais rendu dans ces parages. En revanche, il est avéré que Sieur Lawrence a visité le secteur des Andelys dans l'Eure où justement se trouve être la ville natale du peintre. Il est aisé d'en déduire ce qu'il y a à en déduire …

Cette énigme commence ici à trouver son substrat géographique tout en nous permettant d'orienter, à la façon d'une carte, le tableau de Poussin.

Cette manipulation «peintographique » nous permet alors d'identifier la montagne centrale, laquelle concentre une luminosité optimale.

On aboutit ainsi sur le point culminant des Corbières ( du latin « corvaria » = nid de corbeaux ► oiseau symbole de mort dont les délinéaments transparaissent en filigrane dans le premier tableau en lieu et place dudit sommet ) dont l'homophonie « Corps – Bière » évoque abstraitement le tombeau, thème principal des tableaux.

Il s'agit donc du Pech de Bugarach appelé communément la montagne renversée à cause de la surrection de ses couches inversées qui en fait une curiosité géologique insolite. Ce Pech, au centre aperçu selon une perspective Nord-Ouest ( NO ), est appréhendé en partie senestre du tableau selon l'angle opposé Sud-Est ( SE ), lesdites lettres nous remémorant bien évidemment un décryptage vu plus haut. Les deux mystères n'en faisant finalement qu'un en ce que le tableau de Poussin se contentait de ne figurer que les versants opposés d'une même montagne. Ce palindrome géographique étant suggestionné dans le premier tableau par le reflet de l'arbre médian.

Ce Pech recèle un très important réseau spéléologique de vieilles mines, de grottes et de cavités et il possède également une étymologie en rapport avec le mot «Bulgare» dont les termes « boulgres – bougres » désignaient au Moyen-Age les ancêtres des Cathares.

Et si donc, en définitive, Rennes-le-Château n'était qu'un trompe - l’œil, un arbre factice de pacotille volontairement planté là pour mieux cacher les autres vrais arbres pluricentenaires qui, derrière et en silence, poussent tranquillement loin des regards des passants.

La question est en suspens …

Sa non-réponse aura au moins le mérite d'alimenter les phantasmes mercantiles d'écrivains ou de cinéastes se complaisant à arroser l'arbre qui cache la forêt. Pour eux, il est certain que le trésor est matériel et pécuniaire.

« Et in Arcadia ego » : le secret gardé par des bergers
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